Le Centre des monuments nationaux (CMN) présente « Le jardin des belles lettres » au domaine du Palais-Royal, à Paris. Colette (1873-1954) et Jean Cocteau (1889-1963), qui vécurent et écrivirent en ces lieux, donnent leur nom aux deux allées bordant le jardin.
A cette occasion, 18 Bancs-Poèmes « Dentelles d’Eternité » réalisés par le sculpteur québécois Michel Goulet, avec la complicité de François Massut, ont été mis en place le long de ces allées. Les dossiers de ces bancs présentent des citations de Colette et des vers de Cocteau, ainsi que d’autres poètes français et étrangers.
Colette, après avoir passée deux ans au n°9 de la rue de Beaujolais, s’en alla pour mieux y revenir en 1938, et y passer ainsi le reste de sa vie. Jean Cocteau s’installa en 1941, trois ans après le retour de Colette, et résida vingt-deux ans d’affilée dans son appartement du 36 rue de Montpensier, période rythmée par de multiples escapades dans sa propriété de Milly-la-Forêt.
Afin d’honorer leur mémoire, et également pour affirmer la vocation de ce lieu, parcouru tant de fois par les deux auteurs, à devenir un « jardin des belles lettres », les allées cernant le jardin du Palais-Royal ont été renommées. L’allée adjacente à la galerie de Montpensier porte désormais le nom d’Allée Cocteau, tandis que de l’autre côté, l’allée attenante à la galerie de Valois est nommée Allée Colette. (Visuels ci-dessus : L’allée Colette
© Didier Plowy /Centre des monuments nationaux/Photo de presse 2019 // L’allée Cocteau © Didier Plowy /Centre des monuments nationaux /
Photo de presse 2019)
« La Machine à écrire », « La Difficulté d’être », « Clair-Obscur » de Jean Cocteau, mais aussi « Le Toutounier », « Paris de ma fenêtre » et « Paradis terrestres » de Colette, sont quelques-unes des œuvres réalisées par les deux illustres artistes lorsqu’ils résidaient au domaine du Palais-Royal.
Les dix-huit Bancs-Poèmes « Dentelles d’Eternité », disposés le long des deux allées, présentent sur leurs dossiers des extraits et citations par le biais de gravures peintes en blanc et vernies. Ces gravures reprennent des passages de Colette et Jean Cocteau et permettent de (re)découvrir sur leur verso d’autres poètes et poétesses allant du XVIIIe au XXIe siècle. Selon la volonté de Michel Goulet et de François Massut et grâce au soutien des mécènes Jacques Grange, Francis Nani et le théâtre du Palais-Royal, et la Délégation générale du Québec, le CMN invite les visiteurs de tous horizons à profiter de cette déambulation inspirée au coeur d’un jardin historique, et à laisser leur pensée voyager hors du temps. (Banc-Poème présentant une citation de Colette © Didier Plowy /Centre des monuments nationaux/Photo de presse 2019)
Colette chez elle, au Palais-Royal
© Seéberger Frères / Centre des monuments nationaux/
Photo de presse 2019
Jean Cocteau © Seéberger Frères /
Centre des monuments nationaux/
Photo de presse 2019
Œuvres dont sont issus les extraits de Colette, gravés sur les Bancs-Poèmes :
La naissance du jour, Flammarion,1929 – La Retraite sentimentale, Éditions Mercure de France, 1907 – Le Blé en herbe, Éditions Flammarion, 1923 – Discours de réception à l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, 1936 – Lettre à Françoise Ducharne, 1925 – Lettres à sa fille (1916-1953), Éditions Gallimard, 2003 – Paris de ma fenêtre, Éditions du Milieu du monde, 1944
Œuvres dont sont issus les fragments poétiques de Jean Cocteau gravés sur les Bancs-Poèmes :
Discours de réception à l’Académie française, 20 octobre 1955 – Le Cap de Bonne-Espérance, Éditions de la Sirène, 1919 – Féérie-Poésies 1917-1920), Éditions de la Sirène, 1920 – Opéra, Éditions Stock, 1927 – Le Rappel à l’ordre, Éditions Stock, 1926 – Clair-Obscur, Éditions du Rocher, 1954 –
Le Foyer des artistes, Éditions Plon, 1947
Les artistes :
Artiste sculpteur né en 1944, Michel Goulet vit et travaille à Montréal. On retrouve ses oeuvres, entre autres, au Havre, à Montréal, à Lyon, à Québec, à Toronto et Vancouver. Il réalise en 2011 une sculpture permanente à Charleville-Mézières, ville natale du poète Arthur Rimbaud, en collaboration avec des poètes de la francophonie. En parlant de sa démarche artistique Michel Goulet écrit: « (…) J’ai, à ce jour, placé beaucoup de chaises domestiques sur la place publique. Je dirai plutôt déplacé et j’insisterai sur le terme domestique. Quelquefois ces chaises portent un objet ou un mot, quelquefois elles regardent et/ou sont regardées, ou encore elles créent la rencontre ou marquent l’absence. La chaise est un objet à l’image du corps et elle sert le corps. Si je dis ma chaise, elle est mienne au moment où je l’occupe, où elle me sert, où elle me donne une position. Mais si je la quitte, mon voisin pourra dire qu’elle est sa chaise, sa place ».
François Massut, né en 1979, a grandi dans les Ardennes, à côté de Charleville-Mézières, ville natale d’Arthur Rimbaud. Il vit à Paris dans le 19e arrondissement depuis une quinzaine d’années. Il a réalisé de nombreuses manifestations dédiées à la poésie à Charleville-Mézières et à Paris. Depuis 2007, avec le collectif Poésie is not dead, il organise des performances avec des poètes, comédiens, musiciens, plasticiens et vidéastes dans des lieux divers et variés. Philanthrope, son dessein est que la poésie sorte de ses temples et qu’elle rencontre, par l’intermédiaire des poètes vivants, les populations de toute origine sociale, de toute culture et de toute génération.
Le domaine national du Palais-Royal de Paris est géré par le Centre des monuments nationaux.
« Le jardin des belles lettres » – Domaine du Palais-Royal – Paris
Horaires sous réserve et en fonction de la saison / Évacuation du domaine à compter d’une demi-heure avant l’heure de fermeture indiquée / D’octobre à mars ouverture de 8h à 20h30 / D’avril à septembre ouverture de 8h à 22h30
Les galeries du Palais-Royal restent ouvertes en continu.