
Si Paris vaut bien une messe, Lyon vaut le détour, ne serait-ce que pour admirer les merveilles que recèle le musée des Confluences inauguré fin 2014 et conçu comme un vaste nuage flottant dans l’air au-dessus des eaux. Situé à la confluence du Rhône et de la Saône, le bâtiment a été conçu par l’agence autrichienne Coop Himmelb(l)au. Architecture exceptionnelle, entre le minéral et l’aérien, entre le Cristal et le Nuage… Le nouveau quartier de la Confluence a conservé quelqes vestiges de l’époque industrielle.




Le Nuage est la vaste charpente métallique de 150 m de longueur, 83 m de largeur et 37 m de hauteur dans laquelle ont été construits 4 niveaux. Le Cristal : ici s’exprime la transparence du verre. L’ouvrage composé d’une charpente en acier de 650 tonnes est rehaussé de près de 2’000 éléments verriers. Il se distingue en son centre par un « puits de gravité », un cône inversé qui descend jusqu’au sol et autour duquel s’enroulent les passerelles d’accès aux salles d’exposition. Le musée est également un espace de rencontres et de créations qui s’anime et se renouvelle au rythme de propositions culturelles originales.



Le jardin du musée : lieu de détente entre Saône et Rhône
Petite langue de terre en triangle, là où le Rhône et la Saône se rejoignent, le jardin invite à se promener jusqu’à la pointe pour admirer la vue inédite sur le sud de Lyon, mais aussi pour découvrir le musée sous un nouvel angle. Les lettres géantes ONLYLYON y ont élu domicile…
Ce jardin public en accès libre permet de relier les quais de Saône au pont Raymond Barre, pour établir une véritable connexion au sein du quartier de la Confluence. Le jeune Maxime y vient tous les matins, muni de sa canne à pêche. A bout de sa ligne, il attend patiemment des silures, brochets, sandres aussitôt rejetés à l’eau.
Musée des Confluences // 86 Quai Perrache, 69002 Lyon
www.museedesconfluences.fr

La réhabilitation des docks du port Rambaud
La transformation des docks s’est inscrite dans le projet urbain de Lyon Confluence. Créée en 2003, la zone d’aménagement est devenue une vaste zone où se conjuguent espaces minéraux et parcours urbains.
Le bruit des grues, bennes, portiques, animation des entrepôts baigne le port Rambaud inauguré en 1926. Charbon, chaux, ciment, sucre, sel, y sont stockés. Les années 70 laisseront la place au déclin vidant les lieux jusqu’à la fermeture définitive du port en 1997. En 2003, l’ouverture de La Sucrière réhabilitée à l’occasion de la Biennale d’art contemporain est un geste d’importance sur ce territoire alors délaissé. Cet ancien entrepôt de sucre, construit dans les années 30, se métamorphose en 2011. Il est composé de 3 silos et d’un transbordeur. Une nef modulable accueille des événements de tous types. Aujourd’hui composée de 3 espaces : un ensemble de bureaux, La Sucrière, lieu événementiel et culturel, et un rooftop. Au dernier étage, un club bar : Le Sucre.



Deux ans plus tard, le projet de reconquête des docks est officiellement lancé dans le cadre d’un partenariat entre Voies Navigables de France (VNF) gestionnaire du domaine fluvial et la SEM Lyon Confluence à qui VNF cède les terrains des futurs espaces publics. L’enjeu : faire des docks un lieu ouvert et vivant, mixant bureaux et activités en rez-de-chaussée : bars, restaurants, galeries d’art, showroom, club…
Le bâtiment du journal local Le Progrès accueille ses salariés début 2008. Dix ans plus tard Mob Hotel, Pavillon 52 et l’ancienne capitainerie sont livrés. Les docks sont devenus une lieu de respiration en bord de Saône, de culture, de communication, de création contemporaine. Ici, architectes et artistes travaillent de concert.



Les cubes orange et vert
L’entrepôt historique des Salins du Midi et le “Cube orange” s’associent dans un ensemble harmonieux d’arches et d’un cône oblique traversant, conçu comme un large puits de lumière ouvert en direction de la Saône. La couleur orange fait référence à la couleur du minium utilisé pour limiter la corrosion dans les installations industrielles.
Le “Cube vert” accueille aujourd’hui la télévision européenne Euronews. Conçu par Jakob Mac Farlane, pour créer un dialogue avec le cube orange. Le vert rappelle la couleur de la rivière et ses collines. La façade est largement vitrée et dotée de résille d’aluminium.
Petite Place des Salins : nature et fraicheur grâce aux chutes d’eau de cet espace carré doté d’une grande pergola permettant à la végétation (glycines) de se déployer. Le jardin Gabriel Rosset, au sud des docks, offre une vue imprenable sur le pont ferroviaire de La Mulatière baptisé Bellevue lors de sa construction initiale au 18ème siècle.


L’ancienne capitainerie accueille “Esprit des Sens”, vaste espace de travail collaboratif. Le bâtiment a été surélevé avec un nouvel étage à façade transparente et un rooftop.
GL-Events est le temple de l’événementiel. C’est ici, dans cette ambiance marquée de rouge, couleur de l’événementiel, que le groupe acteur de référence de l’événementiel (14 millions de visiteurs et d’exposants sur les différents événements) déploie ses expertises : régler derniers détails d’un grand salon, d’un événement qui réunira des milliers de participants…
45 quai Rambaud : en 2007, Wilmotte et associés créent la façade de caillebotis noirs. Fine écharpe de dentelle pour cet ancien bâtiment des douanes. De nouvelles ouvertures apportent de la luminosité aux espaces de bureaux dissimulés derrière l’habit de métal décalé de la façade.


Le Pavillon 52 qui a vu le jour en 2016 de l’esprit créateur de Rudy Riciotti et Fred Rubin, ondule sur 6 étages, subtilement décalés les uns par rapport aux autres. Des panneaux photovoltaïques sont installés en toiture. Le Pavillon accueille des bureaux et le rooftop offre une vue à 260°.
Le MOB Hôtel Lyon




Un véritable coup de coeur pour ce lieu de vie fédérateur et iconoclaste qu’est le MOB hôtel. Adepte de la slow food, son restaurant bio et coopératif abrite une pizzeria avec une carte minimaliste de plats frais et de saison, volailles locales, pêche durable… Le petit-déjeuner s’avère 100% bio, local, gourmand et sain : pains et croissants d’un meunier établi sur le terroir depuis 6 générations; fromages et produits laitiers provenant de fermes de la région lyonnaise, tenues par des artisans passionnés… Bien-être total sur la grande terrasse qui peut se transformer en un espace privatisable pour une vingtaine de personnes.



Conçu en 2017 par Cyril Aouizerate, le MOB Hôtel – pour Maimonide of Brooklyn – se compose d’un socle noir en rez-de-chaussée et d’un volume supérieur de couleur rouille qui accueille les 99 chambres aux terrasses privées. L’architecture se démarque par une façade alvéolée. Sis dans ce quartier où “règne la vie, la mixité, la culture vivante”, ce bel hôtel design est également doté d’un MOB Juice Bar et de plusieurs salles telles que L’Opéra – Karl Marx Tatoo veillent sur cette pièce singulière de 113 m2, pensée comme une allégorie de la bienveillance; La Kolkhozita, espace vivant de 64 m2, qui accueille les start-ups pour des brainstorming. (Photo chambre : MOB Hôtel)


Dans la Chambre basse – le parlement Bantoosh – deux gradins de chêne se font face. Deux équipes se font face et se mesurent dans un jeu où la précision des gestes permet au plus habile de gagner la partie. La boule de bois roule sur les pentes du parquet. Si elle sort de la zone de jeu, le joueur est exclu.
Détails d’un couloir, d’un des 4 espaces de réunions, d’un rideau du bar-salle à manger -bibliothèque…
L’accueil est la mission de la sympathique équipe des lieux. Ici, pas de TV, mais le souhait d’être ensemble, de devenir plus durables, plus vertueux. Dès l’arrivée à l’hôtel, la clef de la chambre vous est remise dans un joli dépliant sur lequel sont situés les points intéressants autour de l’hôtel : trams, brasserie, bateau-bar, vaporetto, stade, pôle de commerces… Sans oublier le musée des Confluences situé à 2 minutes à pied.

MOB HOTEL / 55 Quai Rambaud / 69002 / Tél. :00 33 458 55 55 88
www.mobhotel.com


Le quai Rambaud est le paradis des joggeurs, des cyclistes, des flâneurs, des photographes du petit matin ou du clair de lune. Des trottinetttes électriques attendent les promeneurs. Et tout au long de la route ombragée, bars, restaurants, espaces verts où certains s’essaient à la pétanque, places de parc (payantes)… Un plus : l’application PayByPhone utilisée en Suisse est valable également à Lyon.
Texte et photos : Françoyse Krier
Voir aussi :
https://www.fykmag.com/lyon-musee-des-confluencesun-monde-en-tete/