Le Château de Coppet

Reporté au printemps 2021

Depuis 2011, le festival « Autour de Madame de Staël » et depuis 2017 dans la même lignée le « Festival Madame de Staël », rendent honneur à l’œuvre et à l’esprit Germaine de Staël et du groupe de Coppet, dans une volonté conjointe de la Fondation d’Haussonville, la Commune de Coppet et l’association Pro Cultura Valdensis. Pour sa quatrième édition qui aura lieu les 15-17 et 18 juin, le Festival de Théâtre Madame de Staël renouvelle aussi la formule « Les Folles Journées Germaine de Staël », dont le succès en 2019 nous a infiniment réjoui, avec près de 1’000 élèves de la région qui ont pu visiter le château, écouter et participer à des spectacles très différents. Cette année, des stages d’escrime, de tapisserie et de théâtre seront proposés à 120 jeunes des écoles primaires et, éventuellement, des écoles du canton.

madame de Staël Château de CoppetGermaine de Staël et son œuvre 

Fille unique de Jacques Necker, banquier genevois et ministre de Louis XVI, Germaine de Staël naît à Paris en 1766 et fréquente dès son enfance les esprits les plus brillants de son temps dans le salon que tient sa mère, une vaudoise de Crassier, Suzanne Curchod. En 1784 Jacques Necker achète le château de Coppet qui deviendra le refuge de Germaine lors de l’exil imposé par Napoléon qui craint son influence politique. Germaine de Staël a connu à la fois l’Ancien Régime et les fastes de Versailles, la Révolution, la Terreur, le Consulat et l’Empire qui la condamne à l’exil, et enfin la Restauration. Elle meurt le 14 juillet 1817.
Germaine de Staël a toujours vécu la plume à la main et son œuvre est considérable. Ses romans, ses réflexions politiques et philosophiques, sa correspondance livrent un point de vue éclairé sur les différents régimes politiques qui ont jalonné sa vie. Autour d’elle se sont regroupés les opposants au régime napoléonien. Féministe et romantique avant l’heure, elle défend dans ses romans la cause des femmes. Elle fut aussi très engagée pour l’abolition de l’esclavage. Grande amoureuse et femme libérée des conventions de son époque, elle parle des relations entre les sexes avec une pertinence très en avance sur son temps.

Le château, un phare de la vie intellectuelle en Europe

Chassée de Paris par Napoléon, Germaine de Staël se retire à Coppet dont elle fait ce que Sainte-Beuve appelle « l’Élysée intellectuel de toute une génération ». et fait du château le « rond-point de l’intelligence européenne ». C’est au château de Coppet que Germaine de Staël reçoit intellectuels, philosophes, économistes, historiens et écrivains illustres venus de toute l’Europe (Byron, Chateaubriand, Benjamin Constant, Goethe, Grimm, Sismondi, Schlegel, Juliette Récamier, etc.) qu’elle a rencontrés lors de ses nombreux voyages à travers l’Europe, voyages qui nourrissent ses romans (Delphine, Corinne), son théâtre (La Signora Fantastici, Le Mannequin). Avec ses illustres amis installés au château, elle donne vie au fameux « Groupe de Coppet » et ils feront de ce bourg vaudois les « États Généraux de l’Europe » (Stendhal).

Le 16 octobre 2008, le comte d’Haussonville annonçait la création d’une Fondation pour le château de Coppet, sous le nom de Fondation Othenin d’Haussonville pour le rayonnement de l’esprit de Coppet. Le but de la Fondation était la conservation du château en tant que monument historique d’importance nationale et le développement de « manifestations à caractère culturel, artistique ou populaire autour de ce lieu qui fut, au tournant des XVIII et XIXèmes siècles, l’un des phares de la vie intellectuelle en Europe. »

Château de Coppet Illyria Pfyffer et Alain Carré Château de Coppet Alain Carré

Illyria Pfyffer et Alain Carré, comédien, ont présenté le programme du 10ème anniversaire à la presse. La dynamique directrice de communication mentionne que les spectacles du 10ème anniversaire – mis à part le soir du 18 – sont des créations. Et cite Stendhal (6 août 1817) : « A mes yeux, ce phénomène s’élève jusqu’à l’importance politique. Si cela durait quelques années, les décisions de toutes les académies de l’Europe en pâliraient. Je ne vois pas ce qu’elles ont à opposer à un salon où les Dumont, les Bonstetten, les Prévôt, les Pictet, les Romilly, les de Broglie, les Brougham, les de Brême, les Schlegel, les Byron discutent les plus grandes questions de la morale et des arts devant mesdames Necker de Saussure, de Broglie, de Staël. Les auteurs écriraient pour être estimés dans le salon de Coppet. Voltaire n’a jamais eu rien de pareil. Il y avait sur les bords du lac six cents personnes des plus distinguées de l’Europe : l’esprit, les richesses, les plus grands titres, tout cela venait chercher le plaisir dans le salon de la femme illustre que la France pleure. On osait plaisanter un grand prince. » [En marge : Lorsqu’on ne peut éteindre une lumière, on s’en laisse éclairer]

Alain Carré qui fut le premier directeur artistique du Festival, rend hommage à Madame de Staël qui maniait si bien l’art de la conversation, l’art de l’écriture et qui fut également une personnalité politique…

10ème anniversaire ~ Hommage aux lumières ~Lundi 15 juin à 20h30

Me Marc Bonnant

Château de Coppet Me Marc Bonnant

 

 

Le Château sera
habité théâtralement,
musicalement,
lyriquement…
Pour marquer
l’anniversaire des 10 ans,
une Nuit des Lumières
se déroulera en deux temps,
avec le soutien amical de
Me Bonnant qui ouvrira
le festival dans
la Cour d’honneur.

 

 

Le célèbre orateur Marc Bonnant évoquera dans une plaidoirie « Les lumières dans la nuit : la modernité », ce qu’il reste de l’esprit des Lumières et de constater que les contemporains ont, par manque de culture, répudié l’héritage du XVIIIème siècle. Voltaire, Diderot ; Montesquieu, Helvétius et Germaine de Staël, de grandes figures oubliées. Germaine de Staël n’est-elle pas la fille des Lumières ?

« Et Voltaire ? S’il avait vécu au lieu de mourir à temps, il eût été le grand homme de la Révolution des Lumières et aurait eu le choix, sous la Terreur, entre la guillotine et l’émigration. J’imagine qu’il aurait émigré… » Jean d’Ormesson

Dimitri BouclierJulien Bouclier

 

La Nuit des Lumières

Cette soirée rendra un hommage féerique à toutes les grandes figures du XVIIIème siècle au cœur même du château de Germaine de Staël illuminé dès la nuit tombée !

Après un entracte surprise – anniversaire oblige – le public pourra se promener jusqu’à minuit en divers lieux : extérieur et intérieur, cave, pressoir, écurie, cours : la musique, le théâtre, le cirque, la danse sont partout ! Une nuit à apprécier en famille. Une grande nuit de FÊTE, avec l’extraordinaire Duo Bouclier, violon et accordéon ; Thierry Nadalini, qui parlera de magie ; Julia Sallaberry, harpiste, et Stéphanie Leclef, comédienne, dans un spectacle pour enfants.

Thierry NadaliniJulia SallaberryStephanie Leclef

 

Les Mystères de la Destinée ~ Mercredi 17 juin à 20 h

Le cardinal de Bernis, Germaine de Staël, Napoléon, Jean d’Ormesson

Les mystères de la destinée, un thème qui a toujours passionné Jean-Marie Rouart, membre de l’Académie Française : « Que ce soit dans mes romans, biographies ou ma vie même, il me semble que je n’ai eu pour principale obsession qu’une seule question : celle de la Destinée. Pas seulement une interrogation sur les arcanes du destin qui nous fait naître, vivre et mourir dans des conditions particulières où le hasard semble avoir sa part. Non, je parle de la destinée, cette mystérieuse élection qui sort un être du lot commun et le conduit à devenir l’un de ces “phares” donc parlait Baudelaire : qu ́il s’appelle Napoléon, Tolstoï, Pascal ou Rembrandt, pour les plus flamboyants. Pourquoi certains hommes, certaines femmes, héritent-ils de cette charge sacrée de porter à travers les siècles le flambeau de l’esprit ? C’est je l’avoue, dans le doute universel, ce qui pourrait m’incliner à croire en la Providence. »

Jean-Marie Rouart

Alain Carré

 

Des comédiens dont Alain Carré, entourés du Quatuor Terspychordes, auront l’occasion d’interpréter quelques uns des textes tirés des ouvrages de Jean-Marie Rouart. Cour d’Honneur du Château de Coppet.
Jean-Marie Rouart, qui fut un grand ami de Jean d’Ormesson, est né d’une famille de peintres liés à l’impressionnisme, ancien directeur du Figaro littéraire, écrivain et journaliste, est l’auteur de nombreux romans et biographies. « Rien n’a jamais mieux résumé pour moi Jean d’Ormesson que la formule qu’emploie Shakespeare pour définir l’amour : l’éternité plus un jour. (…) La littérature était son pays, elle était sa religion, elle était sa passion. Il n’a jamais vécu que pour elle, par elle. Il la vivait, il la respirait en tout. Que ce soit dans l’amour ou dans l’amitié, marchant au soleil dans les chemins corses ou sur des skis à Val d’Isère, les mots, les vers étaient omniprésents. Notre amitié de cinquante ans est née de cette merveilleuse intoxication réciproque. »

Franz, pianiste et clown de concert ~ Jeudi 18 juin à 20h

Rebecca Chaillot pianisteRoseline Guinet clown

 

Rebecca Chaillot, pianiste classique de haut niveau, interprète la Sonate en si mineur de Franz Liszt avec jubilation. Elle renvoie toutes les balles à Madame Françoise qui se pâme et se pavane. Au détour d’une note suspendue, ces duellistes duettistes, chacune aux antipodes du grand meuble noir, ouvert, résonnant, nous donnent à voir… et à entendre.

Nikolaus Maria Holz, créateur et metteur en scène : « Ce que ces deux femmes ont en commun, c’est leur condition féminine et une magnifique sublimation de leur désir dans leur art réciproque. Dans cet art, elles tentent d’aller très loin, l’une dans le Clown, l’autre dans la Musique. Elles ont quelque chose à dire et à nous dire. Elles ont créé chacune leur langage solitaire qui n’a rien à voir l’un avec l’autre. Elles partagent un désir si fort et communiquent à partir de langages si différents qu’elles créent des situations fortes qui rendent lisible et risible le décalage du monde entier ! L’histoire entre Madame Françoise et Rebecca Chaillot est l’une de ces petites choses susceptible de toucher le monde. » Un spectacle désopilant, virtuose, très bien interprété. Avec Roseline Guinet, clown (Madame Françoise), Rebecca Chaillot, pianiste. Cour d’Honneur du Château de Coppet.

Il est à souligner que le festival bénéficie depuis ses début du soutien financier et intellectuel de muses et pygmalions fidèles. Notamment, Marc et Marianne Bonnant, fidèles d’entre les fidèles, Serge et Antoinette Mir, petite fille d’Elvire Popesco et Présidente de l’association Autour de Mme de Staël, Catherine et Bernard Haccius, cousin des Necker, Gérald et Maya Page, mécènes et amis des arts. Si le festival aujourd’hui perdure encore c’est aussi grâce au soutien de ses femmes et hommes de l’ombre qui prisent la culture et perpétuent l’esprit de Germaine de Staël.

10ème anniversaire du Festival Madame de Staël
Château de Coppet // Rue de la Gare 2 // 1296 Coppet

Billetterie et informations sur le site :  www.festivaldestael.ch

Petite restauration chic sur place avant et après les spectacles  ~  En cas de pluie, les spectacles sont assurés à couvert

 

 

Vous avez aimé cet article?