EDWARD HOPPER, GAS, 1940La Fondation Beyeler, à Bâle, présente une vaste exposition consacrée à un ensemble d’œuvres d’Edward Hopper (1882-1967), l’un des principaux  peintres américains du XXème siècle. Cette exposition – prolongée jusqu’au 26 septembre 2020 – réunit des aquarelles et des huiles datant des années 1909 aux années 1965 – mettant l’accent sur les étendues infinies des paysages naturels et urbains de l’Amérique – ainsi qu’une sélection d’aquarelles et de dessins. C’est la première fois qu’une exposition est consacrée à Edward Hopper en Suisse alémanique.

EDWARD HOPPER LIGHTHOUSE HILL, 1927

EDWARD HOPPER LEE SHORE, 1941

 

Mélancolie et solitude, étrangeté et menace

Les paysages américains de Hopper sont des compositions géométriques claires. Les éléments principaux sont des maisons, symboles de la présence de l’homme. Des voies ferrées incarnent l’ambition humaine de conquérir l’immensité du territoire. Un vaste ciel et des ambiances lumineuses particulières − lumière éclatante de midi et lueur du crépuscule − font apparaître l’immensité d’une nature en mutation permanente même dans une peinture en vérité statique. Un phare peut ainsi devenir un point de repère dans l’étendue de l’océan et de la côte.

Etonnamment, aucune exposition importante n’avait encore été consacrée au regard porté par Hopper sur le paysage américain. Edward Hopper commença sa carrière comme illustrateur. Il est connu en Europe principalement pour ses peintures à l’huile de scènes de la vie urbaine produites dans les années 1920 à 1960, dont certaines ont acquis une popularité exceptionnelle. Elles sont l’expression du regard singulier que l’artiste porte sur la vie moderne. Comme toutes ses toiles, les paysages de Hopper sont empreints de mélancolie et de solitude. Il émane souvent d’eux une impression d’étrangeté et de menace. Hopper montre aussi dans son œuvre l’irruption parfois brutale de l’homme dans la nature, mettant en relation paysages naturels et paysages urbains.

EDWARD HOPPER, CAPE COD MORNING, 1950

 EDWARD HOPPER, SECOND STORY SUNLIGHT, 1960

 

Points de repère importants

Né à Nyack, New York, Edward Hopper étudie la peinture à la New York School of Art jusqu’en 1906. Outre la littérature allemande, française et russe, ce sont surtout des peintres comme Diego Velázquez, Francisco de Goya, Gustave Courbet et Édouard Manet qui fournissent des points de repère importants au jeune artiste. Sa célébrité repose surtout sur ses peintures à l’huile, qui témoignent de son intérêt profond pour la couleur et de sa virtuosité dans la représentation de l’ombre et de la lumière. Hopper a en outre su développer à partir de ses observations une esthétique dont l’influence se fait sentir non seulement en peinture mais aussi dans la culture populaire, la photographie et le cinéma.

L’idée de cette exposition a germé lorsque Cape Ann Granite, peinture de paysage d’Edward Hopper datant de l’année 1928, a intégré la collection de la Fondation Beyeler en tant que prêt permanent. L’œuvre a fait partie des décennies durant de la célèbre collection Rockefeller et date d’une époque à laquelle Hopper fait l’objet d’une attention croissante de la part de la critique, des commissaires d’exposition et du public. En 1929, il est notamment invité à participer à la deuxième exposition du Museum of Modern Art de New York intitulée Paintings by Nineteen Living Americans.

EDWARD HOPPER BURLY COBB’S HOUSE, SOUTH TRURO, 1930–1933

EDWARD HOPPER ROAD AND HOUSES, SOUTH TRURO, 1930–1933EDWARD HOPPER COBB’S BARNS, SOUTH TRURO, 1930–1933

 

Court-métrage de Wim Wenders

A cette occasion, le cinéaste allemand Wim Wenders a créé un court-métrage Two or Three Things I Know about Edward Hopper, projeté dans une salle dédiée, à regarder en 3D, et qui plonge le spectateur en immersion totale dans les toiles du peintre américain. Dans ce film, pas un mot. Juste la suggestion qu’un drame s’est noué entre le pompiste – en costume-cravate, à côté des trois pompes à essence rouges les plus célèbres au monde- et une femme qui vient faire le plein, dans sa somptueuse Cadillac. Comme dans les toiles de Hopper, l’action, le sujet même de la fiction, est hors-champ, hors-cadre. A nous, regardeurs, d’inventer le récit.
Wenders a parcouru les États-Unis en quête de l’«esprit» de Hopper, condensant les prises ainsi obtenues en un film, dont la première aura lieu lors du vernissage de l’exposition. Ce film montre de manière poétique et émouvante ce que le cinéma doit à Edward Hopper, mais aussi à quel point Hopper a été influencé par le cinéma.

Cette exposition est organisée par la Fondation Beyeler en coopération avec le Whitney Museum of American Art, New York, dépositaire de la plus importante collection au monde d’œuvres d’Edward Hopper.

Fondation Beyeler, Beyeler Museum AG, Baselstrasse 77, CH-4125 Riehen

A partir du 11 mai, la Fondation Beyeler sera à nouveau ouverte tous les jours.
L’exposition Edward Hopper est prolongée jusqu’au 20 septembre 2020. 

www.fondationbeyeler.ch

 EDWARD HOPPER, RAILROAD SUNSET, 1929

Œuvres d’Edward Hopper :
GAS, 1940 / Huile sur toile. 66.7 x 102.2 cm. The Museum of Modern Art, New York, Mrs. Simon Guggenheim Fund © Heirs of Josephine Hopper / 2019, ProLitteris, Zurich © 2019 Digital image, The Museum of Modern Art, New York / Scala, Florence // LIGHTHOUSE HILL, 1927. Huile sur toile 73.8 x 102.2 cm. Dallas Museum of Art, don de Mr et Mme Maurice Purnell © Heirs of Josephine Hopper / 2019, ProLitteris, Zurich Photo : Dallas Museum of Art, Photo by Brad Flowers // LEE SHORE, 1941. Huile sur toile. 71.8 x 109.2 cm. The Middleton Family Collection © Heirs of Josephine Hopper / 2019, ProLitteris, Zurich Photo : © 2019. Photo Art Resource / Scala, Florence // CAPE COD MORNING, 1950. Huile sur toile. 86.7 x 102.3 cm. Smithsonian American Art Museum, Gift of the Sara Roby Foundation © Heirs of Josephine Hopper / 2019, ProLitteris, Zurich Photo: Smithsonian American Art Museum, Gene Young // SECOND STORY SUNLIGHT, 1960. Huile sur toile. 102.1 x 127.3 cm. Whitney Museum of American Art, New York; Purchase, with funds from the Friends of the Whitney Museum of American Art., Inv. N.: 60.54. © Heirs of Josephine Hopper – 2019, ProLitteris, Zurich Photo: © 2019. Digital image Whitney Museum of American Art / Licensed by Scala // BURLY COBB’S HOUSE, SOUTH TRURO, 1930–1933. Huile sur toile. 64.1 x 92.1 cm. Whitney Museum of American Art, New York, legs de Josephine N. Hopper © Heirs of Josephine Hopper / 2019, ProLitteris, Zurich Photo : © 2019. Digital image Whitney Museum of American Art / Licensed by Scala // ROAD AND HOUSES, SOUTH TRURO, 1930–1933. Huile sur toile. 68.4 x 109.7 cm. Whitney Museum of American Art, New York, legs de Josephine N. Hopper © Heirs of Josephine Hopper / 2019, ProLitteris, Zurich Photo : © 2019. Digital image Whitney Museum of American Art / Licensed by Scala // COBB’S BARNS, SOUTH TRURO, 1930–1933. Huile sur toile. 74 x 109.5 cm. Whitney Museum of American Art, New York, legs de Josephine N. Hopper © Heirs of Josephine Hopper – 2019, ProLitteris, Zurich Photo : © 2019. Digital image Whitney Museum of American Art / Licensed by Scala // RAILROAD SUNSET, 1929. Huile sur toile. 74.5 x 122.2 cm. Whitney Museum of American Art, New York; Josephine N. Hopper Bequest, Inv. N.: 70.1170. © Heirs of Josephine Hopper – 2019, ProLitteris, Zurich Photo: © 2019. Digital image Whitney Museum of American Art / Licensed by Scala

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